Sociologie géopolitique du Nouvel Ordre Mondial sous leadership sino-russe…

 

Sociologie géopolitique du Nouvel Ordre Mondial sous leadership sino-russe…

Nous tenons d’abord à reconnaître aux scénaristes hollywoodiens qu’ils ont des compétences indéniables et même un certain panache quand il s’agit de réaliser d’impressionnants blockbusters capables de captiver les foules. Une fois n’est pas coutume, les « effets spéciaux » pléthoriques n’ont en outre pas complètement phagocyté le scénario. Le scénario de la nouvelle dystopie totalitaire destinée à accompagner le Grand Reset occidental n’est en effet pas superficiel et se révèle même plutôt bien travaillé : après un 1er épisode mettant en scène un vilain virus tueur chinois né de l’accouplement d’une chauve-souris et d’un pangolin sur un étal du marché de Wuhan, un film plandémique qui avait débuté comme un remake moderne du « Hussard sur le toit » prétexte à l’établissement du fascisme vaccinal qui s’est cependant achevé en eau de boudin (ou qui est pour le moins en suspens) à cause d’un variant Omicron infiniment moins létal que le choléra et dont la presse atlantiste elle-même reconnaît aujourd’hui qu’il est même moins létal que la grippe, le 2ème épisode met en scène un autre grand vilain traditionnel du cinéma US, la Russie, dans une agression militaire présentée comme déclenchée soudainement dans la plus totale irrationalité par un fou dément, et nous plaçant potentiellement à l’aube d’une conflagration nucléaire mondiale… Quel spectacle haletant et hypnotique !
Indéniablement, le premier enseignement majeur à tirer de la projection de cette saga épique à gros budget destinée à enterrer le consommateur occidental longtemps privilégié dont l’entretien est devenu un fardeau de plus en plus encombrant au fil des ans, est que les peuples d’Occident, grands amateurs de cinéma US, se seront révélés être dans leur grande masse un excellent public… à l’exception notable d’une minorité éveillée de vilains « complotistes » qui n’ont cessé de s’attacher à perturber la projection cinématographique en déversant des torrents de « fake news » destinées à salir injustement des gouvernements « démocratiques », pourtant si bienveillants à l’égard de leurs propres peuples
« Si vous n’êtes pas vigilants, les médias arriveront à vous faire détester les opprimés et aimer ceux qui les oppriment », avertissait Malcom X qui avait bien compris les ressorts idéologiques fondamentaux de l’ordre esclavagiste bourgeois. Chaque résistant au fascisme vaccinal a d’ailleurs pu en faire sa propre expérience…
Aujourd’hui encore, les merdias mainstream occidentaux se sont engagés dans une campagne d’intoxication massive de leur propre opinion publique en usant d’une diabolisation à outrance et d’une vision manichéenne du conflit destinée à ressouder les peuples occidentaux laminés autour de leurs attelages gouvernementaux fascisants dont la russophobie hystérique ambiante a miraculeusement restauré un vernis « démocratique » pourtant bien égratigné par deux années de covidisme… « Le degré de russophobie et de haine aux États-Unis envers la Russie est hors d’échelle. Il est impossible de croire qu’un sénateur d’un pays qui prêche ses valeurs morales comme une « étoile directrice » pour toute l’humanité puisse se permettre d’appeler au terrorisme comme un moyen d’atteindre les objectifs de Washington sur la scène internationale », déclarait il y a une dizaine de jours Anatoli Antonov, l’ambassadeur de Russie aux Etats-Unis, en réaction à l’appel public lancé par un sénateur américain à assassiner le président russe… Ce dernier n’est certes pas un enfant de chœur, mais ce n’est pas non plus le diable belliciste irrationnel que l’on cherche à dépeindre…
Les deux scénarios du Grand Reset occidental, celui de la plandémie Covid et celui de l’intervention militaire russe en Ukraine, se croisent désormais, et comme il y a deux ans, pas à l’avantage des pays impérialistes d’Occident…
Nous ne nous éterniserons pas sur le suivi en temps réel de la banqueroute occidentale ukrainienne qui prend de plus en plus la forme d’une véritable débandade jusque dans les rangs des mercenaires étrangers dont 180 viennent d’être brutalement « refroidis », au sens propre comme au sens figuré, alors qu’ils s’entraînaient tranquillement dans l’extrême ouest du pays, par une frappe à longue portée de l’armée russe. Ce suivi n’est pas l’objet fondamental de cet article auquel il ferait prendre des proportions déraisonnables, et nous contenterons donc de traiter rapidement d’une seule information majeure révélée au cours des derniers jours : l’existence de dizaines de laboratoires biologiques militaires ukrainiens sous financement américain !
Une information évidemment d’abord révélée par les médias alternatifs au tout début du mois de mars et qui aurait pu constituer un sérieux motif supplémentaire d’intervention de la Russie, plusieurs de ces structures étant situées à la proximité immédiate de sa frontière (à Kharkov notamment).. Cette information capitale a indirectement été confirmée le 8 mars devant le Sénat US par la sous-secrétaire d’Etat Victoria Nuland qui a fait part de son inquiétude de voir les russes s’emparer d’éléments compromettants… Une crainte rapidement confirmée par le gouvernement russe lui-même, relayée sur le portail d’information des BRICS et relayée dans la foulée par la presse officielle chinoise, avec à la clef la convocation d’une réunion d’urgence de l’ONU et la dénonciation publique des menées américaines par la partie russe à cette tribune… Nous ne pouvons que recommander à chacun d’en lire la transcription intégrale en français.
Dans les jours suivant, la presse chinoise procéda à un pilonnage médiatique en règle, qui poussa par exemple Tucker Carlson, présentateur vedette de Fox News à aborder sérieusement publiquement le sujet, provoquant au passage un véritable tollé au sein des merdias atlantistes US…
« Des laboratoires biologiques financés par les Etats-Unis en Ukraine travaillent sur la transmission d’agents pathogènes, affirme la Russie », titrait ainsi le Quotidien du Peuple dans un article où l’on pouvait lire ceci :
« Le ministère russe de la Défense a déclaré jeudi que des laboratoires biologiques financés par les Etats-Unis en Ukraine travaillaient à la création d’un mécanisme de « transmission secrète d’agents pathogènes mortels ». Des experts des troupes de défense nucléaire, biologique et chimique russes ont trouvé des indices indiquant que des biomatériaux venus d’Ukraine avaient été transférés vers des pays étrangers sur instruction des Etats-Unis, a indiqué le ministère. Un projet américain en Ukraine a notamment étudié le transfert d’agents pathogènes « par des oiseaux migrateurs sauvages entre l’Ukraine et la Russie et vers d’autres pays voisins », a affirmé le ministère. « Selon des documents, la partie américaine prévoyait de travailler sur des agents pathogènes liés aux oiseaux, aux chauves-souris et aux reptiles en Ukraine en 2022 », a déclaré le ministère, ajoutant que l’Amérique étudiait aussi la possibilité de transmettre la peste porcine africaine et l’anthrax. Des expériences portant sur des échantillons de coronavirus des chauves-souris ont également été menées dans des laboratoires biologiques créés et financés en Ukraine, a-t-il ajouté. Le ministère a affirmé qu’il dévoilerait un autre ensemble de documents remis par les employés ukrainiens des laboratoires biologiques, et présenterait une évaluation dans un proche avenir. Mardi, la sous-secrétaire d’Etat américaine chargée des affaires politiques Victoria Nuland a témoigné sur l’Ukraine devant la Commission des relations étrangères du Sénat, et a reconnu que l’Ukraine disposait « d’installations de recherche biologique ». « Nous travaillons avec les Ukrainiens sur la manière d’empêcher que le produit de ces recherches ne tombe entre les mains des forces russes si elles s’en approchent », a-t-elle déclaré ».
« Les États-Unis doivent au monde une réponse sur les laboratoires biologiques », « La Chine demande des preuves concrètes des États-Unis pour clarifier les soupçons d’armes biologiques en Ukraine », titrait pour sa part le Global Timesqui publiait au passage l’infographie suivante.
Un come-back des chauves-souris de Wuhan sur le théâtre militaire ukrainien, copieusement arrosé pendant des années de l’abondante aide désintéressée du FMI, le bras financier de « l’empire du mensonge » atlantiste, voilà qui semble boucler en beauté la boucle de la duologie cinématographique de l’actuel blockbuster occidental…
Mais trêve de plaisanterie au sujet du remake US du film de l’effondrement du social-impérialisme soviétique, pour cette fois indéniablement bien meilleur que l’original, entrons maintenant dans le vif du sujet !
Il est incontestable que l’intervention militaire russe en Ukraine est dans son aspect principal une lutte inter-impérialiste pour le repartage des sphères d’influence coloniales et néocoloniales (avec l’imbrication de la lutte antifasciste et anti-colonialiste des peuples russophones de Donetsk et Lougansk opprimés militairement par les marionnettes atlantistes fascistes de Kiev), mais avec d’un côté l’Occident défendant la crédibilité de sa domination colonialiste mondiale (afin d’éviter la complète dislocation de sa sphère d’influence), et de l’autre l’axe Chine-Russie qui possède des avantages concurrentiels naturels (en termes de commerce et d’investissements) et dont c’est l’intérêt fondamental de se débarrasser des méthodes coloniales occidentales qui nuisent aux affaires et s’opposent à la construction d’une nouvelle division internationale du travail centrée autour de l’impérialisme chinois. Dans beaucoup de pays dépendants, la bourgeoisie comme les masses populaires, ont donc un intérêt direct à la fin du protectionnisme colonial agressif de l’Occident et à l’afflux de capitaux chinois… Il faut détruire le colonialisme (occidental) pour montrer que l’exploitation pacifique (sino-russe) ne libère fondamentalement pas davantage les travailleurs et les peuples, ou tout du moins qu’il va créer une nouvelle dépendance et de nouvelles contradictions. Tant que les méthodes de partage fascistes du colonialisme sont dominantes, les masses populaires des pays coloniaux aspirent fondamentalement spontanément à la « démocratie » bourgeoise, pas au socialisme… La destruction de la domination coloniale (fasciste) atlantiste est donc un préalable nécessaire au triomphe de formes de démocratie bourgeoise à une large échelle dans les pays dépendants restés sous la botte occidentale… Une fois achevée cette occupation exclusive et militairement contrainte, alors les contradictions de classe apparaîtront dans toute leur nudité, débarrassées de l’écran de fumée de l’occupation coloniale occidentale pluriséculaire…
A ceux qui s’offusquent de ce que nous qualifions d’impérialistes la Chine et la Russie contemporaines, il nous apparaît fondamental de préciser que la notion léniniste de l’impérialisme est bien plus vaste que la définition bourgeoise, souvent limitée à la politique militaire agressive du colonialisme. L’impérialisme inclut le simple commerce (notamment les formes variées de dépendance économiques et industrielles), l’exportation de capitaux (investissements) et même la propriété intellectuelle, en d’autres termes, les formes de dépendance pacifiques… Les capitalistes chinois et les russes n’ont pas besoin du colonialisme aujourd’hui pour conquérir des parts de marché. A l’inverse, l’Occident en a besoin depuis longtemps pour tenter de garder les siennes… La conclusion est qu’il ne faut pas confondre colonialisme et impérialisme, car si le colonialisme est bien une manifestation de l’impérialisme, il n’en est pas la seule…
Karl Marx a montré que le travail salarié produisait l’inégalité entre le travailleur qui n’a à vendre que sa force de travail, et le capitaliste qui s’approprie le fruit de son travail. C’est la source première de l’anarchie économique systémique non-réformable du capitalisme. Les communistes résument donc le socialisme par le mot d’ordre de l’« abolition de la propriété privée des moyens de production » (terres, usines, etc.). Raisonnons maintenant à l’échelle internationale : si un pays n’a pas une industrie diversifiée, à commencer par sa propre industrie mécanique, alors il ne détient pas ses propres moyens de production et devra donc constamment importer ces moyens de production. Il sera donc dépendant de l’étranger pour toute son industrie, et sera donc exploité par l’étranger de manière pacifique, par le commerce et la finance internationales. La guerre, les putschs et le colonialisme viennent essentiellement dans le cadre du repartage des marchés extérieurs.
Au moment du triomphe de la révolution chinoise de 1949, une révolution démocratique-bourgeoise anti-coloniale et anti-féodale, l’URSS de Staline a fourni une aide majeure visant à l’édification des ouvrages fondamentaux de l’industrie lourde chinoise (les documents officiels récents du PCC le reconnaissent), et a aidé à la formation de cadres de l’industrie chinois. Quand Khrouchtchev a pris le pouvoir, cette aide matérielle désintéressée a été retirée aux chinois pour les punir de leur non suivisme à l’égard du social-impérialisme soviétique naissant qui voulait inclure la Chine dans une prétendue « division socialiste internationale du travail », afin que la Chine dépende de l’URSS pour son développement industriel… La minuscule Albanie socialiste s’était également engagée dans cette voie d’édification d’une économie autonome. Les peuples premiers d’Amérique disent qu’il vaut mieux apprendre à un homme à pêcher que lui apporter constamment du poisson… C’est fondamentalement la philosophie des vrais communistes…
Un pays dont l’industrie se limiterait à une branche d’industrie (comme le textile) sera économiquement inévitablement asservi par le pays qui détient les machines-outils, les technologies, et la propriété intellectuelle. Celles-ci doivent donc être universellement partagées. Une perspective que seuls des pays socialistes peuvent concrétiser, car n’étant pas intéressés par la conquête des marchés extérieurs, mais par la seule satisfaction des besoins de leurs propres peuples !
« Le seul souverainisme est celui qui consiste en la défense du sien et le respect absolu de celui des autres », une réalité que seul le mode de production socialiste peut apporter : être indépendant sans chercher à exploiter les autres, même « pacifiquement »… Et pour cela, chaque pays doit disposer d’une industrie indigène autonome et d’une agriculture diversifiées…
Il est d’ailleurs essentiel de souligner, comme nous l’avions démontré en 2007, que l’URSS de Staline avait justement en vue la conquête et la sauvegarde de cette autonomie économique comme condition nécessaire à l’édification du socialisme. L’URSS a alors fait du commerce avec les pays capitalistes et acquis certaines technologies afin de se mettre à niveau, sans brader pour autant son indépendance économique (dès 1937 et la fin du second plan quinquennal, les importations étrangères d’équipements industriels chutent drastiquement), et la loi prêt-bail fût une bien maigre compensation pour les menées US dans la coulisse destinées à conduire le Reich et l’URSS à s’entredétruire mutuellement, sans oublier le repoussement de l’ouverture d’un vrai second front en Europe aux calendes grecques, faisant supporter tout le poids de la guerre à l’URSS jusqu’à la mi-1944
Qu’on s’imagine un seul instant la difficulté de construire une société radicalement nouvelle, qui proclame ouvertement que son but est la fin du capitalisme mondial, dans un pays vaste mais économiquement arriéré, entouré d’Etat capitalistes industriels hostiles… L’Occident capitaliste a d’abord essayé d’assassiner l’URSS en 1918-1922… L’URSS a importé des machines (pour l’essentiel dans la période 1928-1937) afin de mettre à niveau son industrie mécanique et d’acquérir rapidement une autonomie industrielle complète… Les puissances impérialistes d’occident (et en premier chef les USA) furent d’abord satisfaites de cela : avec la crise de 1929 et la recherche des débouchés, c’était une aubaine… Ils espéraient aussi que cela permettrait aux capitaux US de pénétrer profondément en URSS et donc de reprendre indirectement la main… Mais dès le milieu des années 1930, les capitalistes américains comprirent qu’ils avaient fait une erreur d’appréciation monumentale : ils réalisaient de moins en moins d’affaires avec le pays des bolchéviks, désormais industriellement autonome et qui n’avait pas connu de perte de souveraineté. Alors l’Occident allait tout faire pour jeter les fascistes allemands et nippons contre l’URSS et la détruire
Après une guerre d’extermination dont l’URSS sortit militairement victorieuse, mais économiquement et surtout humainement éprouvée, le socialisme mourut avec Staline et le triomphe d’une nouvelle bourgeoisie monopoliste d’Etat, officialisée en 1956. Confrontée à son refoulement des marchés extérieurs dès la seconde moitié des années 1970 qui virent les pays impérialistes d’Occident délocaliser des branches d’industrie entières vers les pays dépendants à bas coût inclus dans sa sphère d’influence, la nouvelle classe capitaliste « soviétique » acheva ensuite son œuvre de destruction en se vendant intégralement aux capitalistes occidentaux jusqu’à la dislocation de la sphère d’influence du social-impérialisme soviétique et de ce dernier lui-même en 1991, après une quinzaine d’années de complète stagnation économique… A la clef, la brutale destruction des « acquis sociaux » hérités de la période socialiste qui avaient été maintenus tant bien que mal pendant trois décennies par la nouvelle bourgeoisie monopoliste d’Etat…
Il apparaît ainsi de toute évidence que la recherche d’une prétendue « troisième voie » est une imposture, sinon tout au moins un mirage. Quelle serait donc la base matérielle (c’est-à-dire économique) d’une telle société « alternative » ? Propriété privée ou propriété collective des moyens de reproduction de l’existence ? Ces utopies, promues notamment par la Yougoslavie titiste, sont donc celles du « petit capital » en « autogestion », mais en pratique, la petite propriété privée aboutit à l’impérialisme, via la concentration croissante qui s’opère naturellement via la concurrence, les crises, etc. On ne va pas retourner au capitalisme primitif du début du XIXe siècle… Enfin, peut-être en ce qui concerne l’Occident en cours d’effondrement, mais certainement pas l’impérialisme chinois aujourd’hui en voie d’achever sa conquête du leadership mondial incontesté…
Il faut bien comprendre que le passage de relais du leadership économique mondial de l’Occident à la Chine est avant tout une nécessité économique pour le système mondial de l’impérialisme pris dans son ensemble, la domination coloniale atlantiste représentant en premier lieu un frein majeur à un degré supérieur d’expansion des forces productives, ce que les capitalistes chinois essaient vainement de faire comprendre au Capital financier occidental depuis des années pour l’encourager à accepter de bon gré ce nécessaire (et de toute façon inéluctable) changement de leadership… Alors que la croissance économique réelle de l’Occident stagne depuis longtemps, des milliards d’être humains vivent encore aux marges de la grande industrie et dans le sous-développement économique le plus complet. Et les débouchés relativement limités offerts par le consommateur occidental ne permettent à l’évidence pas d’entraîner ce réservoir de croissance dans la sphère d’action du capitalisme, condamnant à la stagnation l’Occident impérialiste autant que les pays inclus dans sa sphère d’influence exclusive… La conversion des 1,4 milliards de chinois en débouché de consommation finale pourrait fondamentalement changer la donne…
A l’échelle mondiale, on doit donc objectivement considérer la fin de la domination coloniale atlantiste comme un progrès historique, sans pour autant entretenir de funestes illusions sur sa portée limitée, comme c’est le cas pour les sinologues « romantiques » qui, tels Bruno Guigue, confondent les rapports de production avec le niveau de développement des forces productives, restent à la surface des choses, et jugent donc du degré de « socialisme » à l’aune des « acquis sociaux », sans être capables de comprendre que le Capital financier d’un pays impérialiste dominant a un intérêt objectif structurel de long terme à l’élévation du niveau des salaires et à l’octroi d’acquis sociaux au sein de son épicentre, avec en ligne de mire l’extension des débouchés à la consommation au sein du pays impérialiste dominant situé au sommet de la chaîne alimentaire mondiale…
Ce n’est qu’à travers cette nouvelle perspective d’extension des débouchés sous l’égide de l’impérialisme chinois que le système mondial de l’impérialisme peut encore repousser l’échéance fatidique de la crise économique structurelle et systémique, tout en freinant la baisse également structurelle du taux de profit qui dégrade inexorablement le degré de rentabilité des capitaux investis à mesure que l’outil productif se modernise… Une contradiction majeure auquel doit faire face le système mondial de l’impérialisme dans son processus d’accumulation et d’expansion ! Le graphe ci-après, élaboré par des analystes de l’Université du Massachusetts, et relayé par un camarade intervenant sur le média alternatif Réseau International, permet de saisir l’ampleur de la problématique fondamentale du système mondial de l’impérialisme.
A l’échelle globale, on voit bien que les délocalisations industrielles occidentales dans les pays dépendants ateliers (massives dans les années 1980) ont permis de freiner (sans pour autant parvenir à inverser) la chute abyssale du taux de profit observée au cours des deux décennies précédentes. Il serait intéressant de disposer de statistiques différenciées par pays, ne serait-ce que pour les USA et la Chine notamment…
On verrait alors certainement que la situation est depuis longtemps catastrophique pour les USA, et tend à commencer à se dégrader pour la Chine, d’où la nécessité croissante de délocaliser ailleurs certaines branches d’industrie, vers l’Afrique par exemple, bien qu’il reste encore un certain potentiel de main-d’œuvre à bas coût à exploiter dans l’Ouest de la Chine, un fait que nous avions souligné dès 2009… Les capitaux affluent en effet toujours là où le coût de la main-d’œuvre, c’est-à-dire de la marchandise « force de travail », est le plus bas et le plus compétitif… En 2010, nous soulignions que cette stratégie pourrait assurer de l’ordre d’un bon demi-siècle de développement des forces productives du capitalisme (et donc de croissance économique) au nouvel impérialisme dominant ainsi qu’aux pays dépendants (semi-coloniaux) inclus dans sa sphère d’influence…
« L’eau s’écoule toujours vers le bas », remarquaient déjà il y a une douzaine d’années les idéologues intelligents de l’impérialisme chinois qui planifiaient la future transformation des pays du continent africain en pays (dépendants) ateliers où afflueraient en masse les capitaux chinois… (Cf. Le réveil du Dragon, pp. 424-425) La perspective fondamentale à venir qui doit accompagner l’effondrement occidental consiste donc dans un mouvement de délocalisations d’industries de base et intermédiaires par l’impérialisme chinois vers les pays dépendants à bas coût et en particulier ceux du continent africain…
Cela n’est pas dû à la scélératesse particulière des capitalistes, mais à la nécessité pour le Capital de rechercher en permanence la main-d’œuvre la plus compétitive afin de tenter de compenser la baisse tendancielle structurelle du taux de profit induite par l’élévation de la composition organique du Capital (c’est-à-dire l’élévation de la part du capital fixe par rapport au capital circulant), à mesure que le niveau technologique de la production s’élève et évince le travail vivant au profit du travail accumulé…
Si l’impérialisme chinois a encore quelques réserves de croissance à mobiliser à moyen terme, l’Occident a par contre déjà à faire face à des problèmes majeurs de bien plus court terme, comme en témoigne ce graphe :
A l’évidence, les chiffres du PIB corrigés de l’inflation publiés par le site statistique Shadowstats du remarquable économiste américain Walter J. Williams, témoignent du fait que l’économie réelle américaine (la courbe bleue), après la crise des subprimes et plus d’une décennie de complète stagnation, connaît depuis 2020 une contraction sans précédent et de longue durée, en dépit de l’explosion de la dette publique à des niveaux stratosphériques… En outre, comme nous l’avons déjà souligné, cette récession s’accompagne d’une inflation à des niveaux historiques, inconnus depuis plus de quatre décennies… Aux USA, le gallon d’essence (près de 3,8 litres) se vend désormais aujourd’hui autour de 4,06 dollars, un prix en hausse de 1,3 dollar sur un an…
L’Occident en cours de déclassement est ainsi confronté à un destructeur processus stagflationiste qu’il faut bien justifier par quelque chose… C’est là qu’entrent en scène les deux scénarios que nous avons évoqué précédemment : la plandémie Covid et maintenant une guerre d’attrition « civilisationnelle » de l’Occident contre la Russie destinées à justifier tous les sacrifices des masses populaires dans le but d’approfondir et d’accélérer leur paupérisation absolue…
En ce qui concerne d’abord les puissances impérialistes d’Occident déchues, dont il est très peu probable qu’elles survivent en tant qu’Etat unifié (USA) ou coalition d’Etats (UE), une perspective que nous n’avons cessé de souligner, leur poids économique et géopolitique promet donc d’être brutalement et pour longtemps réduit à la portion congrue, proportionnelle à leur économie réelle, une fois la bulle de la « société de consommation » occidentale dégonflée, du moins aussi longtemps que les capitaux des nouveaux pays impérialistes dominants ne s’y déverseront pas massivement… Le sort des futures anciennes puissances impérialistes dominantes d’Occident dépendra dans une très large mesure de la réaction de leurs peuples face à la phase terminale aujourd’hui en cours de leur grand déclassement… De nombreux facteurs économiques (profonde désindustrialisation combinée à une fuite des cerveaux vers de nouveaux eldorados), politiques (instrumentalisation du communautarisme ethnique et religieux au sein de sociétés ayant longtemps eu vocation à un rayonnement cosmopolite), moraux (nostalgie réactionnaire pour un « âge d’or » colonial révolu combiné à l’hostilité à l’égard des peuples des nouvelles puissances impérialistes dominantes perçus comme responsables de leur déclassement), déterminent à l’heure actuelle une évolution extrêmement improbable vers le socialisme (en dehors d’une prise de conscience aussi profonde que rapide), mais devrait plus probablement revêtir la forme d’un « suicide collectif civilisationnel », avec à la clef la conversion brutale de la « société d’abondance occidentale post-industrielle », en un nouveau tiers-monde… Cet effondrement aussi profond que durable des sociétés occidentales signifie d’abord leur ravalement à une vaste friche post-industrielle et post-tertiaire que les nouveaux maîtres du monde (investisseurs chinois, russes, etc.) pourraient bouder bien longtemps dans l’attente d’un retour à un minimum de stabilité sociale et politique (afin d’y assurer la sécurité des investissements), en dehors peut-être du développement de quelques secteurs de base (agriculture, industrie extractive). Comme pour l’ex-URSS, le Capital financier d’Occident ne devrait guère plus parvenir à assurer la viabilité que des secteurs agricole, de l’industrie extractive et du complexe militaro-industriel de ses territoires déclassés. Cela promet des sociétés occidentales économiquement, socialement, politiquement et moralement durablement laminées, à un degré vraisemblablement encore exacerbé comparé à celui de la Russie après l’effondrement du social-impérialisme soviétique. Les multiples facteurs délétères devraient enfin conduire à la complète dislocation des puissances impérialistes d’Occident, y compris sur le plan géopolitique et en tant qu’entités économiques et politiques unifiées.
La perspective sera fondamentalement différente en ce qui concerne la plus grande partie de l’humanité, ayant vécu tout au long du XXe siècle aux marges du système colonial des puissances impérialistes d’Occident.
Une fois brisées les chaînes du colonialisme occidental, une nouvelle division internationale centrée autour du nouvel impérialisme dominant (la Chine), continuera à émerger de façon accélérée et sans plus avoir à craindre les ingérences coloniales occidentales systémiques. Les peuples de nombreux pays dépendants économiquement arriérés verront alors affluer en masse les capitaux étrangers, notamment chinois, se développer les infrastructures économiques, l’industrie et l’agriculture intensive. Ces peuples se verront alors forger de nouvelles chaînes néocoloniales. Les chaînes de l’esclavage salarié seront-elles dorées ou en toc ?
Cela dépendra de nombreux facteurs, mais une chose est cependant certaine : rien n’est jamais définitivement et durablement « acquis » sous le capitalisme, en particulier les adoucissements temporaires concédés par les classes exploiteuses à l’esclavage salarié…
Le brutal déclassement d’un social-impérialisme soviétique incapable de soutenir la concurrence de la division internationale du travail mise en œuvre par les pays impérialistes d’Occident en témoigne. Le déclassement contemporain de ces derniers, débordés par l’impérialisme chinois jusque dans leurs dernières niches technologiques, en témoigne également… Au gré de ce bouleversement majeur, l’inversement des flux migratoires est la perspective à terme…
Comme nous l’avions esquissé dès 2010, la contradiction fondamentale entre le Travail et le Capital, qui pourrait ponctuellement être reléguée à l’arrière plan dans une première phase d’expansion mondiale d’une nouvelle division internationale du travail centrée autour de l’impérialisme chinois, pourrait ensuite de nouveau prendre des formes aigües uniques quand cette expansion se heurtera aux limites intrinsèques bornées inhérentes au mode de production bourgeois, en l’absence probable sur du très long terme, de la possibilité d’émergence d’une nouvelle puissance impérialiste dominante en mesure de la rattraper et de la dépasser, cela nécessitant à priori la mobilisation d’un bassin versant démographique comparable sur une période d’accumulation se chiffrant en décennies… ce qui sera vraisemblablement hors de portée de l’ensemble des pays bourgeois, Inde incluse… En l’absence probable de la possibilité d’émergence d’un outsider capable de le remplacer, l’impérialisme chinois pourrait alors demeurer au sommet de la division internationale du travail jusqu’au renversement révolutionnaire de sa domination mondiale…
La robotisation combinée à un inéluctable crash démographique mondial à long terme constitueront pour le Capital financier dominant des freins et des obstacles de plus en plus insurmontables et incompatibles avec sa reproduction élargie (en termes absolus, tandis que le déclin en termes relatifs est condamné à se poursuivre à mesure que le niveau technique de la production s’élève), compromettant ainsi jusqu’à sa propre existence et la perpétuation de l’espèce humaine elle-même. A l’époque de l’impérialisme, le stade ultime du capitalisme, les moyens de production demeurés entre les mains d’intérêts privés ne peuvent plus faire fondamentalement autre chose que de circuler, comme une nuée de criquets qui s’abattrait sur une culture pour la dévorer avant de la laisser dévastée, et de passer à la parcelle suivante, dans un mouvement permanent d’écoulement des capitaux vers les pays où la main d’œuvre est la plus compétitive, faisant la pluie et le beau temps parmi les peuples du Monde, élevant sans cesse temporairement la condition matérielle des uns au détriment de celle des autres, de leur dégradation et de leur ruine multiformes : économique, sociale, culturelle, morale, etc. Ce mouvement permanent de valorisation matérielle du pôle dominant de la planète et de déchéance de son pôle opposé, privé de sa totale indépendance économique, ne prendra à l’évidence fin qu’avec le destruction du mode de production capitaliste et l’édification d’une société humaine totalement nouvelle, débarrassée de toute forme d’exploitation et d’oppression de l’Homme par l’Homme, et donc synonyme au premier chef de l’abolition de l’esclavage salarié qui fait de l’Homme un marchandise dont il est essentiel d’abaisser le coût d’entretien, que cet esclavage soit maintenu par la force ou par des moyens pacifiques, « idéologiques et culturels » en apparence « librement » consentis…
La conception matérialiste-dialectique du monde a pour enseignement essentiel que si la matière est la donnée première, et la conscience, la donnée dérivée (son reflet), c’est la transformation des conditions économiques et sociales qui précède et préside à la transformation des idées. C’est pourquoi le mécontentement de la grande masse du prolétariat et de la petite bourgeoisie occidentale aujourd’hui victimes de leur déclassement économique et social accéléré ne peut se manifester de manière plus radicale avant que ce déclassement n’ait débuté, et ne pourra s’opérer à grande échelle avant qu’il n’ait atteint un certain degré et une acuité particulière, et notamment une fois qu’il n’apparaîtra pas comme un phénomène ponctuel et conjoncturel, mais comme une réalité permanente et structurelle…
A l’inverse, les peuples des pays dépendants si longtemps brutalement colonisés pourront à l’évidence eux-mêmes difficilement échapper aux illusions du démocratisme bourgeois inhérentes aux périodes de développement pacifiques relativement prospères du capitalisme, tant qu’ils n’auront pas eux-mêmes fait l’expérience que même ce type de développement conduit inévitablement lui-même un jour à des formes de dépendance et de domination moins pacifiques… Cette perspective fondamentale semble d’autant plus inéluctable à la vue de la quasi-totale inexpérimentation du prolétariat embryonnaire de nombreux pays dépendants les plus industriellement retardataires.
Un autre héritage moral négatif destiné à peser lourdement dans le développement international à venir de la lutte des classes dépend également pour une part non-négligeable d’un autre legs négatif, celui du racisme atlantiste.
Les véritables « valeurs » des pays impérialistes d’Occident dévoilées par le résultat d’un vote de l’Assemblée Générale de l’ONU au cours de la session du 16 décembre 2021. Le vote portait sur la résolution suivante : « Combattre la glorification du nazisme, du néo-nazisme et d’autres pratiques qui contribuent à alimenter les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et d’intolérance connexe »… Les USA et l’Ukraine ont voté contre tandis que le reste de l’Occident a refusé de condamner la lutte contre le racisme réel, lui préférant la lutte exclusive contre « l’antisémitisme » qui lui sert en fait avant tout à combattre les antisionistes qui dénonce la politique colonialiste et fasciste d’apartheid d’Israël… (Source : Draft A/76/460 DR I)
L’Occident colonialiste ne peut à l’évidence se condamner lui-même, condamner son lobby politico-médiatique qui aime à souffler sur les braises du chauvinisme racial, religieux ou civilisationnel, afin de diviser ses propres masses populaires et de leur faire accepter les interventions militaires coloniales extérieures maquillées en missions « civilisatrices », « sécuritaires » ou « humanitaires »… En Occident, le racisme atlantiste est indéniablement pandémique, allant de l’ignorance indifférente systémique jusqu’au soutien actif de l’occupation coloniale et des ingérences militaires permanentes. Attention cependant, car ce racisme atlantiste « normal » a déjà sa contrepartie idéologique à l’autre pôle de la planète : une haine anti-atlantiste « normale » pouvant aller jusqu’à l’amalgame et au racisme générique « anti-blancs »… Ces sentiments de défiance réciproque aux deux pôles de la planète n’ont à l’évidence guère de chance de s’apaiser à l’avenir, car à mesure qu’une nouvelle division internationale du travail se mettra en place autour de l’impérialisme chinois, apparaîtra toujours plus clairement le caractère éminemment réactionnaire du protectionnisme colonial agressif des puissances impérialistes d’Occident déchues, du fait que leur domination condamnait à la plus complètes misère, violence et arriération économique des milliards d’êtres humains, et ce à des fins évidentes de « containment » du développement des forces productives indigènes et mondiales destiné à prévenir l’émergence de concurrents qui sinon leur auraient échappé bien avant…
Il y aura donc à l’évidence un terrible retour de bâton moral à la domination coloniale occidentale séculaire, qui sera renforcée par la mise à nu (à posteriori) de nombre de mensonges déjà avérés ou probables sur lesquels le Capital financier occidental a construit sa « civilisation » et qu’il a utilisé pour forger et maintenir sa domination mondiale… On peut donc s’attendre à de futures enquêtes internationales sur des thèmes aussi variés que les crimes contre l’humanité de la « démocratie » occidentale ayant vécu comme un parasite au moyen des méthodes fascistes de l’occupation coloniale permanente du Monde, la destruction de la fable carbocentriste du réchauffement climatique d’origine anthropique (si les intérêts de l’impérialisme chinois l’exigent), le film lunaire de l’impérialisme américain qui pourrait bien être la fiction cinématographique la plus chère de l’Histoire, l’attentat sous faux drapeau du World Trade Center destiné à justifier une nouvelle croisade (« anti-terroriste » mondiale) visant en réalité à entraver le repartage pacifique spontané des sphères d’influence, et enfin les travaux occidentaux autour des armes biologiques et leur possible (et probable…) usage délibéré contemporain
Dans ce contexte, la Chine et la Russie qui dénoncent depuis de longues années le racisme atlantisme latent qui accompagne la politique occidentale coloniale comme son ombre, ne peuvent être spontanément perçues autrement que comme un pôle alternatif de résistance à l’ordre occidental perçu comme unipolaire et brutal. Ces puissances impérialistes ascendantes n’ont en conséquence littéralement plus qu’à se baisser pour ramasser le fruit bien mûr (pourri…) de l’oppression coloniale pluriséculaire des pays dépendants dont les élites comme les peuples rêvent de se soustraire au joug de l’arbitraire colonial occidental et d’emprunter une voie de développement économique en apparence choisie et non contrainte…
« Le Monde » pleurant l’Ukraine assis sur la montagne de cadavres des victimes de la politique d’agressions coloniales systémiques de l’Occident… L’indignation sélective dans toute sa splendeur… La « solidarité » à géométrie variable, quand cela sert les visées des pays impérialistes d’Occident… Une illustration du racisme atlantiste « normal » pour lequel certaines vies valent définitivement plus que d’autres… Et ce n’est pas tant une question de couleur de peau que de « civilisation », comme en témoigne la réaction datant de 2015 d’une habitante du Donbass rapportée dans son remarquable film-documentaire par la journaliste Anne-Laure Bonnel :

« Le Monde entier s’est levé pour vous, quand 12 personnes étaient tuées. [Attentat contre Charlie Hebdo] Et quand chez nous il y a des milliers de morts, personne ne bouge ! »

Les quelque 10 000 enfants yéménites recensés tués ou blessés par l’ONU dans le conflit militaire qui sème le chaos depuis 2014 au Yémen n’ont guère fait davantage pleurer dans les chaumières occidentales…
Comme nous l’avons souligné à plusieurs reprises, l’impérialisme chinois possède une intelligence économique et sociale particulièrement développée, qui fait de lui le détachement du Capital financier le plus capable de pousser les contradictions internes du Capital jusqu’à leur extrême limite. Pour l’heure, elles lui permettent surtout de se poser en pôle alternatif et progressiste face à la brutale domination coloniale atlantiste. Cela fait ainsi des années que l’impérialisme chinois appelle cette partie du monde à s’émanciper de la tutelle coloniale occidentale, entre autres sous couvert de reprises de « l’Internationale », la dernière datant à notre connaissance de la mi-2021, à l’occasion des célébrations du centenaire du PCC !… Preuve supplémentaire de la remarquable faculté du Capital financier chinois d’intégrer jusqu’à un pan de l’Histoire du communisme et de l’assaisonner à la sauce anticoloniale et humaniste-bourgeoise pour servir ses intérêts expansionnistes, pour l’heure pacifiques… C’est indéniablement la preuve que l’on a affaire à une bourgeoisie particulièrement intelligente, à mille lieues de l’arrogance des cow-boys US et de leur anti-communisme frontal dont ils se font une fierté… Les élites chinoises savent d’expérience qu’il vaut mieux avancer masquer, jusqu’à prendre l’apparence de l’ennemi redouté, que de le combattre frontalement… La victoire du marxisme en matière de théorie est telle qu’elle contraint ses ennemis à s’en réclamer, soulignait déjà Lénine. En même temps, une telle capacité d’intégration et d’adaptation n’est pas fondamentalement surprenante pour ceux qui connaissent la symbolique culturelle du dragon chinois…
Les peuples des pays dépendants si longtemps opprimés par la politique coloniale fasciste atlantiste nourrissent forcément des illusions et des espoirs spontanés au sujet d’une nouvelle « coopération internationale multilatérale » présentée par les puissances impérialistes challengers de l’Occident comme « pacifique » et « librement consentie ». Comment pourraient-ils dès aujourd’hui comprendre que cette dernière aura ses limites, tant qu’ils ne les auront pas eux-mêmes expérimentées, tant qu’ils n’auront pas fait leur propre expérience de ce que la destruction de la domination coloniale occidentale brutale ne pourra suffire à résoudre tous les problèmes de développement économique et d’indépendance industrielle et économique, et donc qu’en d’autres termes, elle conduira inévitablement à forger une autre dépendance asservissante pour les peuples des pays dépendants qui ne seront pas parvenus à se constituer en puissances impérialistes, c’est-à-dire à s’élever dans la chaîne alimentaire mondiale et à occuper une place privilégiée au sommet d’une nouvelle division internationale du travail ?!…
La persistance de réserves d’accumulation et donc de croissance combinée au lourd héritage négatif multifactoriel contemporain (inexistence d’un courant politique international organisé authentiquement marxiste-léniniste, forte inexpérimentation politique du prolétariat des pays dépendants les plus économiquement arriérés destinés à recevoir les futurs flux majeurs de capitaux, racismes atlantiste et anti-atlantiste, illusions néo-kautskistes de développement pacifique au cours de la phase d’expansion libre d’un nouvel impérialisme dominant possiblement initialement non porté sur les méthodes de domination coloniales et le contrôle agressif préventif des populations, etc., devrait peser lourd dans la balance au cours des décennies à venir, et pourrait conduire à une large mise en sommeil de la lutte de classe révolutionnaire du prolétariat, en particulier si le nouvel impérialisme dominant parvenait à organiser relativement rationnellement une nouvelle division internationale du travail capable de ménager les intérêts particuliers des futures puissances impérialistes de second et de troisième rangs en évitant qu’ils ne dégénèrent en nouveaux conflits militaires inter-impérialistes, que ces puissances régionales soient émergentes ou rescapées du monde d’avant, à l’instar de la Russie, de l’Inde, du Brésil, de l’Iran, de la Turquie, de l’Afrique du Sud, du Nigéria, de la Corée du Sud, du Japon, ou du Mexique… L’harmonisation à relativement long terme de tous ces intérêts particuliers émergents pourrait bien se révéler un défi complexe et ardu, au point de risquer de mettre à rude épreuve jusqu’à une diplomatie chinoise pourtant rompue de longue date à l’art de « l’unité des contraires »…
N’en déplaise aux gauchistes petit-bourgeois idéalistes et aux dogmatiques habitués à faire l’économie de l’analyse concrète de la réalité, c’est-à-dire à se soustraire à l’étude matérialiste-dialectique du système mondial contemporain de l’impérialisme, et notamment de sa profonde mutation en cours, le marxisme-léninisme ne consiste pas à prendre ses désirs pour la réalité, mais à s’attacher à comprendre la réalité économique et sociale objective de notre époque, ainsi que les axes majeurs de son évolution, afin d’être en capacité de se servir de cette analyse comme d’un guide pour l’action, quand bien même cette réalité serait de prime abord fort défavorable et déplaisante… Toute autre voie mènera de toute façon immanquablement à l’échec, à la défaite (provisoire) de la lutte d’émancipation des esclaves salariés et des peuples du Monde… Et nul doute que le présent comme l’avenir ne pourront que démontrer que le capitalisme n’est en réalité que le saccage universel de l’Homme et de la nature par une minorité d’ultra-riches…
La crise de déclassement actuelle de l’Occident impérialiste offre comme nous l’avions remarqué en 2010, une « fenêtre de tir révolutionnaire » aux peuples et aux travailleurs qui souhaiteraient s’engager sur une voie de développement réellement alternative : le socialisme scientifique. Mais il faut, avant de pouvoir s’y engager, former des cadres bolchéviques capables de conquérir le cœur des masses et de démasquer les innombrables faux-amis du peuple… Au premier rang d’entre eux, les social-chauvins conséquents. Comme on peut le voir encore aujourd’hui avec l’intervention militaire russe en Ukraine, les partis « communistes » ouvertement social-chauvins (à l’instar du P »C »F) font bloc sans complexe avec leur propre bourgeoisie impérialiste.
Outre le fait qu’elle va d’abord mettre un terme au martyr des populations russophones de Donetsk et Lougansk qui n’a que trop duré, il est difficile de condamner une intervention militaire russe à l’évidence inévitable à la vue des agissements de l’axe ukronazis-Washington qui préparait activement une attaque des populations de Donetsk et de Lougansk dont l’imminence est prouvée 1° de manière indirecte par la concentration d’environ 60 % des effectifs totaux de l’Armée ukrainienne dans le Donbass et la brutale intensification du pilonnage de l’artillerie ukrainienne la semaine précédent l’intervention militaire russe (cf. Jacques Baud, colonel de l’armée suisse spécialiste du renseignement), et 2° désormais de manière directe par un document ukrainien à vocation confidentielle qui prouve la planification de cette attaque pour le début du mois de mars, évitant ainsi un enlisement local alimenté dans la durée par l’Occident sur le seul front du Donbass…
Ceci ne constitue qu’une première étape, pour les pays dépendants victimes du colonialisme. Cela n’a rien à voir avec le socialisme qui doit nous emmener vers la société sans classes et sans Etat, mais c’est tout de même un progrès historique… qui permet de poser ensuite la problématique fondamentale de la nécessaire destruction des rapports de production bourgeois… Tant que le Capital étranger domine un pays, il est rarement possible pour son peuple de comprendre que le Capital national posera lui aussi un problème insurmontable…
Nous nous en tenons donc pour notre part à la tactique léniniste de la question nationale et coloniale selon laquelle la lutte contre les méthodes fascistes (colonialisme) est une première étape (pouvant parfois s’enchaîner de manière ininterrompue dans les circonstances les plus favorables) avec l’étape suivante (anti-impérialiste et socialiste), visant à donner au peuple les moyens de sa véritable indépendance économique. En l’occurrence, tant que les fascistes de Kiev n’auront pas été vaincus (l’intervention de Moscou ne visant à priori en ce qui concerne le pays stricto-sensu pas l’occupation coloniale de l’Ukraine, mais sa « démilitarisation » pour que les populations russophones cessent d’être des parias et des martyrs), les peuples d’Ukraine dans leur ensemble ne pourront pas voir que le capitalisme, même dans ses développements « pacifiques », ne résout pas la question fondamentale de l’indépendance économique, mais ne fait au contraire que l’exposer de façon plus évidente et sensible…
Un pays bourgeois évolue en effet forcément soit en pays dépendant, soit en pays impérialiste, avec une multitude d’états intermédiaires liés aux interactions internationales et selon la place occupée dans la division internationale du travail. Or l’indépendance économique est la condition nécessaire d’une véritable indépendance politique (laquelle est sinon condamnée à ne rester que factice dans le cas des pays dépendants, c’est-à-dire dépourvus d’une industrie diversifiée autonome. L’OTAN est sans conteste à l’avant-garde du colonialisme mondial et doit donc être détruit. Or par le seul fait de son usage systémique de la force, il peut difficilement l’être sans l’usage de la force militaire brutale, ce qu’est justement en train de réaliser l’impérialisme russe. La défaite militaire des marionnettes occidentales en Ukraine pourrait grandement contribuer à l’accélération considérable de la redistribution radicale des sphères d’influence et à la destruction de la domination coloniale atlantiste… La frange la plus lucide de la grande presse atlantiste elle-même sent d’ailleurs bien tout le danger actuel de la boîte de pandore ouverte par l’intervention militaire russe en Ukraine. Le Monde faisait ainsi la remarque suivante :

« Il est aussi trop tôt pour dire jusqu’où ira l’onde de choc. Mais son retentissement est déjà comparable à celui des attentats du 11-Septembre, voire de la chute du mur de Berlin, en 1989 ».

Quoiqu’il en soit, la destruction du colonialisme atlantiste est une première étape nécessaire, mais cela ne suffira pas à libérer complètement les peuples du Monde : elle sera seulement synonyme d’un « printemps des nations » longtemps militairement opprimées et culturellement submergées par l’American way of life, et donnera lieu à une différenciation économique ultérieure des différentes nations bourgeoises à travers l’afflux de capitaux chinois, une perspective dont rêvent en secret depuis longtemps nombre de bourgeoisies indigènes réticentes à s’engager sur la périlleuse voie de la lutte armée anti-coloniale…
Mais les temps actuels sont éminemment favorables au déliement des langues… « Nous ne sommes pas vos esclaves », a récemment répondu comme fin de non-recevoir le Premier ministre pakistanais Imran Khan à une lettre conjointe d’une vingtaine d’ambassadeurs européens qui l’exhortaient à condamner l’intervention militaire russe en Ukraine. Et d’ajouter :
« Qu’avons-nous gagné de notre soutien à l’OTAN en Afghanistan, à part la perte de 80 000 vies et de 150 milliards de dollars ? L’OTAN a-t-elle reconnu nos sacrifices ? (…) Lorsque l’Inde a violé les lois internationales au Cachemire occupé, l’un d’entre vous a-t-il rompu ses liens avec l’Inde ou arrêté le commerce avec ce pays ? »
Mais si le monde non-occidental refuse de suivre le Capital financier dans sa politique de sanctions maximales à l’égard de la Russie, quel peut donc bien en être l’intérêt réel, hormis le fait de prendre prétexte de l’attaque russe en Ukraine pour couler ce qui reste des « économies de bazar » occidentales sous perfusion ?
Cette démolition « contrôlée », ou tout du moins « encadrée », est donc sans doute ce qui est délibérément recherché par le Capital financier occidental : la destruction de branches entières d’industrie (du moins les niches condamnées de « l’industrie de bazar » occidentale comme l’automobile) et tout le tissu des services qui y est adossé, va permettre de réaliser le fameux Grand Reset destiné à justifier la destruction de branches d’industries de toute façon obsolètes à court terme et visant surtout à rendre de nouveau compétitive la main d’œuvre occidentale par la baisse drastique de la fraction « non-essentielle » de son standard de vie (pas mal de choses classées dans le « secteur tertiaire »)… Ce qu’une décennie d’austérité n’est pas parvenue à réaliser (« méchants » gilets jaunes !…), le Capital occidental va le réaliser d’une autre façon !…
Et sa soumission à la Chine, c’est-à-dire sa transformation en bourgeoisie compradore, pourrait aussi être délibérée… Quand le social-impérialisme soviétique a été liquidé, c’est la moitié de l’industrie jugée obsolète face à la concurrence occidentale qui a été liquidée : surtout l’industrie légère produisant des biens de consommation courante, ainsi que l’essentiel de l’industrie mécanique… C’est la marche « normale » du capitalisme face à toute crise : en faire retomber le fardeau sur les masses populaires… Et en l’occurrence, la stagflation et ses conséquences (« les crises » durables dont parlait Macron au salon de l’agriculture), ne sont pas un « produit annexe » ou un « dommage collatéral » malheureux, mais sans aucun doute le but stratégique fondamental des sanctions occidentales contre la Russie… Comme le soulignait récemment un analyste intelligent,
« … L’Allemagne et d’autres pays n’ont pas commencé à ressentir la douleur de la privation de gaz, de minéraux et de nourriture. CELA va être le vrai jeu… jusqu’à 60 % des industries manufacturières allemandes et 70 % des industries italiennes pourraient être contraintes de fermer définitivement, avec des conséquences sociales catastrophiques. La machine européenne ultra-kafkaïenne non élue à Bruxelles a choisi de commettre un triple hara-kiri en se présentant comme des vassaux abjects de l’Empire, en détruisant toutes les impulsions de souveraineté française et allemande restantes et en imposant l’aliénation de la Russie et de la Chine ».
En ayant ce suicide en vue, si des tractations de haut niveau n’ont peut-être pas encore débuté entre l’Occident et leurs challengers, elles sont indéniablement inévitables… Et si les impérialistes sino-russes semblent déterminés à laisser la porte ouverte à d’éventuelles négociations de reddition, ils semblent bel et bien déterminés à démontrer qu’ils sont en position de force pour négocier face à l’Occident, les conditions précises de la transformation bourgeoise-compradore du Capital financier occidental… Il est peu probable que Vladimir Poutine, tout patient qu’il puisse être, se soit contenté d’écouter six heures durant le verbiage démagogique indigeste du banquier-émissaire occidental qu’est Macron à l’occasion de sa dernière visite au Kremlin… Nous doutons que le président russe puisse être à ce point masochiste… Nous optons plutôt pour le scénario d’un jeu de dupes global visant à tromper les peuples (surtout occidentaux) et en particulier à leur faire accepter ce qu’on n’a pas pu achever avec le prétexte Covid : la poursuite de leur grand déclassement… Avec d’un côté un « bon flic », et de l’autre, un « mauvais », dans des rôles interchangeables selon leur « public », les deux étant de mèche…
On ne peut à l’évidence rien exclure, d’autant que la crise militaire actuelle suit immédiatement la contestation croissante des peuples occidentaux du fascisme vaccinal (dans le contexte de vaccination naturelle omicron) sans que les russes et les chinois n’aient jamais jeté de l’huile sur le feu (bien qu’ils aient eu tant de fois la possibilité de s’indigner publiquement devant les innombrables piétinements des principes démocratiques bourgeois), comme s’ils avaient observé tout ça avec inquiétude également… L’Histoire a prouvé tant de fois que la finance est apatride… Il y a eu des consultations de très haut niveau au moment du déclassement du social-impérialisme soviétique et les éminences grises d’Occident ne peuvent pas ne pas savoir qu’ils font face au même processus fondamental pour leurs propres centres impérialistes aujourd’hui…
Nous avons souligné à plusieurs reprises que l’Occident pouvait s’attendre au cours de son grand déclassement à un effondrement d’un ordre de grandeur de l’ordre de 10 de son PIB réel, comme en témoigne un graphe que nous avions publié en 2010.
Ce niveau d’effondrement, bien plus important que celui du social-impérialisme soviétique, est déterminé par la très forte tertiarisation des économies occidentales : les secteurs productifs (industrie) à basse composition organique ont été délocalisés dans les pays ateliers dépendants ; et ne subsistent dans les centres impérialistes dominants d’Occident que quelques niches technologiques, l’essentiel de l’économie de ces derniers consistant dans les services (aux riches, le luxe, le tourisme), secteurs vivant comme une sangsue sur le corps des pays dépendants qui crèvent de faim ou d’excès de labeur… Sauf que la Chine a très bien joué et remonté les principales niches technologiques occidentales constituées par les industries à plus haute composition organique en capital (aéronautique, spatial, ferroviaire à grande vitesse, nucléaire, électronique, etc.) Il y aura indéniablement des variations du degré d’effondrement selon les pays : un effondrement plus prononcé pour des pays ultra-rentiers comme la France et le Royaume-Uni, et à l’inverse dans des proportions moindres pour des pays plus industriels comme l’Allemagne et le Japon, surtout s’ils se tournent vers la Chine…
En attendant d’atteindre le fond du trou, la chute finale a bel et bien commencé, ce dont témoigne la dédollarisation accélérée de l’économie mondiale (qui doit nécessairement entraîner également l’euro dans sa chute), et promet de se voir considérablement accélérée par les sanctions économiques occidentales prises contre la Russie, et en particulier la confiscation de 300 milliards de dollars de réserves de change du pays libellées en euros et en dollars, qui ont achevé de ruiner l’image de l’euro et du dollar autant comme monnaies d’échange que comme monnaies de réserve mondiales… L’Inde a ainsi d’ores et déjà annoncé sa volonté d’utiliser le rouble et la roupie dans le commerce bilatéral russo-indien afin d’éviter « les perturbations » de son commerce extérieur… La Russie procède dès aujourd’hui de la même façon avec la Chine : une première banque d’Etat russe sous le coup des sanctions occidentales a déjà commencé à proposer à ses clients d’ouvrir des comptes d’épargne en yuans. Alors que les cartes Visa et Mastercard émises par les banques russes ne fonctionnent plus à l’étranger, la parade a d’ores et déjà été trouvée :

« Aujourd’hui, Mir, un développement national, est en train de devenir le principal système de paiement du pays. (…) Le NSPK recommande aux Russes de régler leurs achats et de retirer de l’argent à l’étranger par le biais d’une carte co-badgée Mir-UnionPay, qui est acceptée à la fois en Russie et dans les 180 pays qui prennent en charge UnionPay. UnionPay est le système de paiement national de la Chine, et depuis 2005, il est devenu international. Il a dépassé Visa et Mastercard en termes de volume de transactions traitées au niveau mondial depuis 2015, en raison de la taille considérable du marché chinois, où les systèmes de paiement étrangers sont quasiment absents. Les banques régionales de l’Extrême-Orient russe émettent déjà des cartes co-badgées basées sur UnionPay pour les clients russes qui se rendent fréquemment en Chine. Dans d’autres régions du pays, ces cartes peuvent être émises par Gazprombank, Rosselkhozbank et plusieurs autres. Les plus grands établissements bancaires russes prévoient également de commencer rapidement à émettre des cartes co-badgées ».

Et les contre-sanctions russes à long terme, qui incluront également la nationalisation des actifs des entreprises des « pays hostiles » qui voudront quitter le territoire russe, ne se limitent pas au secteur bancaire !
Quelques jours après le lancement de l’intervention militaire en Ukraine, la presse atlantiste fulminait de rage en apprenant que Moscou et Pékin venaient de signer un accord pour la construction d’un nouveau gazoduc :
« Les deux pays ont signé mardi en pleine crise internationale un nouveau méga contrat pour la construction d’un gazoduc qui traversera la Mongolie et la Chine, permettant de transporter jusqu’à 50 milliards de mètres cubes de gaz par an. Un véritable pied de nez à la communauté internationale. Alors que les sanctions économiques et diplomatiques pleuvent sur la Russie, c’est donc un véritable pied de nez à la communauté internationale avec ce qui s’annonce déjà comme le plus grand contrat d’approvisionnement en gaz naturel de l’histoire. La construction de ce gazoduc qui va relier la Sibérie à la Chine en traversant la Mongolie aura une capacité de 50 milliards cube par an soit quasiment le même volume que le fameux gazoduc Nord Stream 2 qui devait relier la Russie à l’Allemagne et dont l’autorisation a été suspendue suite aux sanctions ».
Les sanctions économiques occidentales adoptées contre la Russie vont ainsi accélérer considérablement l’intégration (déjà bien avancée) de la Russie aux Nouvelles routes de la soie et l’aider à se soustraire à toute forme de pression économique occidentale future… Le poker-menteur occidental touche sans conteste à sa fin, le roi dollar est plus que jamais nu comme un ver, en écho à ce que nous écrivions déjà en mai 2020
Mais jusqu’à quand ses sujets s’obstineront-ils à nier cette évidence ? De toute évidence, à contre-courant du Capital financier occidental qui saborde jusqu’à ses participations en Russie, la Chine semble plus que jamais déterminée à renforcer sa participation dans l’économie russe qui, au-delà de difficultés passagères, a indéniablement de sérieuses perspectives d’avenir :
« Selon des sources de Bloomberg, le gouvernement de Pékin discute avec quatre entités publiques de l’acquisition de participations dans des sociétés pétrolières et métallurgiques russes. (…) Les analystes écrivent sur les efforts d’internationalisation du yuan chinois depuis des années. Ce n’est pas un secret, mais plutôt un aspect important des plans d’expansion mondiale assez visibles de la Chine qui ont inquiété les gouvernements occidentaux. Il semble que ce que font ces gouvernements facilite l’expansion de la Chine. L’Occident collectif a reçu l’ordre de se suicider par les vrais « Maîtres de l’Univers » (comme les appelle Pepe Escobar) » .
Il apparaît donc chaque jour plus évident que le seul intérêt réel de la « guerre économique » livrée par l’Occident à la Russie ne vise, comme pour le Covid-19, non pas la cible publiquement proclamée, mais les masses populaires d’Occident elles-mêmes !… Les mougeons, ces citoyens-consommateurs d’ordinaire convertis en consommateurs par le Capital, s’en rendront-ils compte avant qu’il ne soit trop tard, ou bien resteront-ils prisonniers de la russophobie ambiante et opteront-ils de nouveau pour la collaboration passive et active avec « leur » Capital financier dans la persécution de leurs congénères dissidents éveillés ?

« La tolérance atteindra un tel niveau que les personnes intelligentes seront interdites de toutes réflexions pour ne pas offenser les imbéciles », remarquait déjà Fiodor Dostoïevski en 1864…

A la faveur de la phase terminale de la grande crise de déclassement des centres impérialistes d’Occident et du tournant néo-fasciste contemporain destiné à l’accompagner, nous y sommes presque…
Vincent Gouysse pour www.marxisme.fr

 

 

 

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